samedi 27 juin 2015

Avant la Marche des Fiertés à Paris: Entretien-débat avec Isabelle Grellier


Pour vivre la marche des fiertés parisienne ce 27 juin, le CCI organise une matinée spéciale avec 

1, 11h00-12h30 : Entretien-débat avec Isabelle Grellier sur "Bénir", le texte du dernier synode de l'Eglise Protestante Unie de France.

Paroisse de Port Royal/Maison fraternelle,
37, rue Tournefort  Paris 75005

Isabelle Grellier a accepté notre invitation, elle sera donc notre intervenante lors de cette rencontre. 
Pour ceux qui ne la connaissent pas, Isabelle Grellier est prof à la faculté de théologie protestante de Strasbourg, et a fait partie de la commission qui a conduit tout le processus de l'EPUDF sur les bénédictions des couples de même sexe. Elle nous transmettra sa réflexion sur comment on a abouti à la décision, sur la situation actuelle et sur le futur.

2. 12h30 Un repas sorti des sacs
Ceux qui le souhaitent pourront profiter du jardin de la paroisse pour partager un repas tiré des sacs

3. 14h00: Avec nos banderoles remplies de bénédictions, on remplit la Marche qui part cette année du Luxembourg.

Entrée libre.

vendredi 26 juin 2015

MARCHE DES FIERTES 2015


Nous vous invitons tous à nous rejoindre demain à la Marche !

Le point de départ du Carrefour des Chrétiens inclusifs sera au 
93 Bd St Michel-Devant colonne sèche-Arbre encadré
après le Beith Haverim et devant le Groupe Lambda de la Cathédrale Américaine.

A demain !


lundi 1 juin 2015

“Voici que le règne de Dieu est au milieu de vous” (Luc 17, v. 21b)



Homélie de la messe du vendredi 15 mai 2015
6ème semaine de Pâques

Textes du jour : Actes des Apôtres 18, 9-18 ; Psaume 46 ; Jean 16, 20-23a.

40 jours après Pâques, au cœur du temps pascal, nous venons de célébrer, hier, la fête de l’Ascension. À ce propos, je relevais hier cette phrase de commentaire de Karem Bustica (rédactrice en chef de la revue Prions en Église) :

« Comment allons-nous vivre sans Jésus ? Où le rencontrer maintenant ? »

Et nous, qui sommes au seuil de cette retraite, nous aurions peut-être bien envie de  répondre : « Le Royaume est tout près de nous, il est au milieu de nous ! » Car, en effet, le Royaume et Jésus, c’est la même réalité.

Toutefois, dire que le Royaume et Jésus, c’est la même chose, ce n’est pas tout à fait suffisant, même si c’est un bon début, pour répondre à nos deux questions : 1/ « Comment allons-nous vivre sans Jésus ? », et 2/ « Où le rencontrer maintenant ? »

C’est pourquoi, Karem Bustica poursuit en disant :

« Durant toute sa vie terrestre, Jésus s’est identifié au pauvre, au malade, à l’exclu. Les signes qui accompagnent les croyants (Mc 16, 17) – expulser les démons, parler en langues nouvelles, imposer les mains aux malades – rétablissent la santé, brisent l’isolement, retissent les liens entre les personnes. Le Christ est particulièrement vivant chez les plus pauvres et se donne à voir dans nos relations fraternelles. »

Peut-être sommes-nous venus nous aussi à cette retraite pour « briser l’isolement » (que favorise parfois, souvent, notre condition LGBT), pour « retisser des liens » à l’intérieur de nous-mêmes ou entre nous, pour renouveler « nos relations fraternelles », avec ceux et celles qui sont ici présents ou avec d’autres qui n’ont pu venir, mais que nous retrouverons peut-être en repartant chez nous ou que nous portons heureusement ou douloureusement dans notre cœur…

Bref, c’est une autre manière de dire que, le Royaume, ce n’est pas seulement Jésus en nous, avec nous, mais c’est indissociablement aussi nos frères et sœurs en humanité, et nous avec eux. Car Jésus ressuscité, en son Ascension, ne s’évade pas de notre condition humaine, mais il fait entrer définitivement notre humanité, notre chair, en Dieu. C’est donc seulement dans la chair de notre humanité, personnelle et collective, que nous pouvons rencontrer Jésus, car c’est définitivement son Royaume au milieu de nous.

Certes, ce n’est pas tous les jours facile d’habiter ce Royaume ; nous y rencontrons souvent bien des obstacles, en nous et autour de nous. Mais l’Esprit nous murmure ce matin à travers la parole de Dieu : « Sois sans crainte Je suis avec toi… » (Ac 18, 9…10), « (…) et [cette] joie, personne ne [te] l’enlèvera. » (Jn 16, 22).

« Alors, comment allons-nous vivre sans Jésus après son Ascension ?... Pleinement ! » Oui, vivre « pleinement » ! N’est-ce pas aussi l’un des enjeux de cette retraite ? Nous permettre de repartir dans le courant de la vie pour « vivre pleinement » le Royaume, comme des êtres toujours plus vivants, aimants, désirants, comme des serviteurs de la Vie qui contribuent, chacun/chacune à sa mesure, jour après jour, à la venue du Royaume en la chair éternelle de notre humanité. Amen.


Fr. François-Xavier Ledoux, o.p.

jeudi 21 mai 2015

Le Royaume de Dieu est près de nous.


Retraite de l'Ascension, 2015
Méditation de jeudi 14 mai

Le Royaume a de la valeur, une valeur énorme ! Il est source de joie. Mais c'est quelque chose de petit, d'enfoui dans nos quotidiens. Petit, oui, mais qui grandit à notre insu et devient présent à ceux et celles qui nous entourent. Car le Royaume de Dieu est au dedans de nous, et nous, nous sommes au dedans du Royaume.

Regardez cette céramique... Je vais me permettre de conduire votre regard sur les détails de cette œuvre... Oui, les détails avant de contempler le tout. Je crois qu'il suffit pour l'instant d'apercevoir le mouvement que les cercles donnent à l’œuvre. C'est à dire, que l'artiste nous indique ainsi qu'il s'agit ici de quelque chose dynamique, qui bouge, et pas du tout une réalité statique et morne. C'est ainsi du Royaume de Dieu : il invite au mouvement, il fait lever la pâte, il grandit et abrite...

L'auteur du psaume 8 dit à Dieu : « Qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui ? Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu, le couronnant de gloire et d'honneur. » (cf. Ps 8, 5-6). Et bien, au centre de cette céramique il y a l'être humain. Ici, à simple vue, nous ne voyons pas cette dignité dont parle le psalmiste : nous voyons plutôt l'être humain dans toute sa fragilité, fracturé. Mais avec toute sa misère, il n'est pas seulement « un peu moindre qu'un dieu », il est carrément au centre de Dieu Tri-Unité.

À droite, nous voyons le Père : avec tendresse Il embrasse l'être humain, Il le tient, le porte pour le relever, prend soin de lui. Dans son geste, nous pouvons entendre cette parole du prophète : « Je suis le Seigneur, ton Dieu, ton sauveur ; tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t'aime. » (cf. Is 43, 3-5). Son geste est paternel et maternel à la fois, attirant l'être humain à Soi, le mettant debout en même temps.

À gauche, le Fils se mets à genoux aux pieds de l'être humain. Il est plus bas que le plus bas de l'être humain, plus bas que toutes nos fragilités et faiblesses. Il les a connues, Il les a portées. Il répète le geste de Marie de Béthanie : le Fils prend les pieds de l'être humain, les couvre de baisers, les lave. Il nous l'avait déjà dit : « Je ne suis pas venu pour être servi, sinon pour servir et donner ma vie pour la multitude » (cf. Mt 20, 28).

En haut, le Saint Esprit en forme de colombe et de flamme de feu... L'épouse du Cantique des Cantiques avait dit que « l'amour est fort comme la mort, l'amour est une flamme, une flamme de Dieu » (cf. Ct 8, 6) ; nous pouvons dire donc que l'amour est plus fort encore que nos fragilités. Et dans son mouvement cette Colombe de feu se dirige vers l'être humain pour le remplir, pour en prendre possession. L'être humain reçoit tous les petits et grands soins de Dieu Tri-Unité. Il se laisse faire, son attitude est une attitude d'abandon, comme « le petit enfant contre sa mère » (cf. Ps 130 [131], 2). Il se laisse aimer.

Se laisser aimer au beau milieu de nos misères. Pas pour devenir un sac, et recevoir juste pour soi cet Amour. Non, chacun et chacune de nous est au centre de la dynamique du Royaume : recevoir, donner, se recevoir, se donner ; se laisser aimer pour pouvoir aimer dans le même mouvement. Aimer pas pour un devoir moral ou une obligation froide. Aimer parce que nous sommes saisis de l'Amour de Dieu, et cet Amour ne demande qu'à se répandre. À l'apôtre saint Jean de nous dire : « Mes bien-aimés, aimons-nous les uns aux autres, puisque l'amour vient de Dieu. Nous aimons parce que Dieu lui-même nous a aimés le premier » (cf. 1Jn 4, 7. 19)

Nous entrons ainsi dans la dynamique, le mouvement toujours actuel du Royaume, enfoui et fécond, grandissant et rayonnant en nos entourages.

Manuel


mercredi 20 mai 2015

Le Synode de l'EPUDF décide de Bénir les couples de même sexe


Le Carrefour des Chrétiens Inclusifs salue la décision du Synode de l'EPUDF.

Nous sommes émus par la décision de l'Église Protestante Unie de France de bénir, à l'occasion de leur mariage, les couples de même-sexe; comme elle le fait depuis toujours pour les couples hétérosexuelles.

Cette décision inaugure un nouveau chemin pour l'Église Protestante en France. Pour la première fois les personnes homosexuelles sont incluses, non seulement en tant qu'individus, mais dans la plénitude de leur vie de couple et de famille. Nous saluons cette décision courageuse, ce geste de confiance et d'ouverture.

D'autres pas seront maintenant nécessaires aux paroisses, aux pasteurs, pour que ce choix se déploie dans le réel de la vie. 
Le Carrefour des Chrétiens Inclusifs, association qui travaille depuis 14 ans pour une pleine inclusion des minorités sexuelles dans les églises chrétiennes, accompagnera de toutes ses ressources ce nouveau chemin.

le Carrefour des Chrétiens Inclusifs