mercredi 31 mars 2010

Miettes de la table, Jean 13 : 21-32

31 mars 2010, mercredi de la Passion, Jean 13 : 21-32

On a beaucoup parlé de Judas récemment. Des chercheurs ont publié un manuscrit copte rédigé au quatrième siècle sous le nom de Judas par des adeptes du mouvement gnostique. Cet Evangile de Judas présente l’homme qui a trahi Jésus comme le plus illustre des disciples. De fait, en trahissant Jésus et en le livrant aux autorités juives Judas permet le sacrifice du corps du Christ, acte qui permet à Jésus de retourner dans le monde divin auquel il appartient. Judas permet, en quelque sorte, la libération de l’esprit de Jésus de la servitude du corps (les gnostiques considéraient le corps comme une prison pour l’esprit). En l’occurrence, Judas n’a rien d’un traître, bien au contraire, il s’illustre par sa loyauté et sa capacité d’accès au mystère de la connaissance…

Qu’en est-il du personnage de Judas dans ce texte ? Présentement, nous retrouvons les disciples réunis avec Jésus autour d’un repas, la veille de la fête de la Pâque. Après avoir lavé les pieds des disciples et ainsi donné l’exemple parfait de service et d’amour dans l’humilité (chapitre 13 versets 1 à 20), Jésus fait une déclaration fracassante : -Je vous le déclare, c’est la vérité : l’un de vous me trahira (verset 21). Les disciples, surpris par ces mots, se demandent de qui peut bien parler Jésus. Ils lui posent la question et Jésus désigne le coupable d’un geste solennel : il donne un morceau de pain à Judas. Le narrateur nous dit que c’est à ce moment précis que Satan entre en Judas et lui intime l’ordre de livrer son maître aux autorités juives. Mais c’est Jésus qui lui enjoigne d’accomplir sa mission funeste sur le champ. Judas quitte la table. Les dés sont jetés. La fin est proche.

Deux choses m’interpellent. D’abord, le fait que les disciples ne comprennent absolument pas ce qui est en train de se passer, bien que Jésus leur ait annoncé sa mort imminente. De plus, il apparaît que Judas a une attitude très passive pendant toute la scène. Il ne prend aucune décision importante. Bien au contraire. Le narrateur insiste sur le fait que c’est Satan qui commande sa volonté de trahir Jésus (chapitre 13, verset 2 : Le diable avait déjà persuadé Judas, fils de Simon Iscariote, de trahir Jésus.) et c’est Jésus lui-même qui lui donne l’ordre d’accomplir sa mission (verset 27 : Jésus lui dit : - Ce que tu as à faire, fais le vite !). Ainsi, Judas a les traits d’un personnage complètement dépossédé de sa volonté car il ne fait qu’agir sous l’influence de volontés extérieures, ce qui en fait une sorte d’agent, instrumentalisé au service d’un dessein qui le dépasse. Est-il dès lors légitime de tenir Judas pour responsable de la trahison de Jésus ?

Par ailleurs, on peut relever que Jésus, lorsqu’il lave les pieds de ses disciples, ne fait pas d’exception avec Judas. On peut lire au chapitre 13 verset 5 : Puis il [Jésus] se mit à laver les pieds de ses disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait autour de la taille. Et plus loin au verset 12 : Après leur avoir lavé les pieds, Jésus remit ses vêtements. On peut dès lors affirmer que Judas prend lui aussi part au lavement des pieds. Jésus lave les pieds de tous les disciples, même de ceux qui sont impurs, Il ne fait pas de distinction. Il montre ainsi que le commandement d’amour a une valeur universelle.

Il est temps de reconsidérer le personnage et le rôle de Judas dans les événements qui précédent la Passion. En effet, la mise au ban de Judas semble contestable. Au fond, ce texte pose la question de savoir quelle est l’étendue de notre libre arbitre. Sommes nous responsables des actes négatifs que nous posons ? Ou bien agissons nous sous l’influence de facteurs extérieurs sur lesquels nous n’avons aucune prise ? Est-il concevable qu’un acte négatif (trahison, vengeance, mensonge, etc.) peut concourir à la mise en œuvre des desseins divins ?

Théophile

Autres lectures : Psaume 68, Esaïe 50 : 4-9

mardi 30 mars 2010

Miettes de la table, Jean 12 : 20-36

30 mars 2010, mardi de la Passion, Jean 12 : 20-36

Dans ce passage, Jésus explicite les propos tenus lors du repas chez Marthe à Béthanie (chapitre 11, versets 7-8). Il parle de la mort qui l’attend avec émotion et manifeste ainsi toute la réalité de son humanité.

Dans un premier temps, il s’adresse à ses disciples. Il leur confie enfin le lourd secret qu’il porte avec lui depuis toujours. Peut-être se sent il libéré, délivré d’un poids important. Ce qui est surprenant, c’est que Jésus ne répond aucunement à la requête des Grecs qui cherchent à le voir. Au lieu de les rencontrer, il annonce son départ prochain… Jésus évoque cet événement sous forme de métaphore : Je vous le déclare c’est la vérité : un grain de blé reste un seul grain, s’il ne tombe pas en terre et ne meurt pas. Mais s’il meurt, il produit beaucoup de grains (verset 24). Jésus met en lumière le paradoxe selon lequel c’est de la mort que naît la vie. L’élévation sur la croix actualise ce paradoxe de la façon la plus extrême. La mise à mort du Fils de Dieu va permettre la résurrection spirituelle, ainsi que matérielle, des personnes qui décideront de se confier en Dieu.

Au verset 27, Jésus exprime la peur et la souffrance qui le rongent. Il déclare: - Maintenant mon cœur est troublé. Et que dirai-je ? Dirai-je : Père délivre moi de ce qui va arriver en cette heure ? Mais c’est pour cela que je suis venu, pour passer par cette heure de souffrance (verset 27). A ce moment du récit, Jésus nous révèle toute la fragilité de son humanité. Oui, Jésus a partagé notre condition d’êtres fragiles, inquiets et souffrants face aux malheurs de l’existence et à la mort. C’est pourquoi d’ailleurs nous pouvons lui apporter avec l’assurance d’être entendu nos angoisses et nos peines. Mais Jésus ne cède pas au sentiment de désespoir car il remet sa vie entre les mains de son Père. Quel magnifique exemple de courage dans la détresse !

Dans un second temps, Jésus s’adresse à l’ensemble de la foule venue pour l’écouter. Il rend la nouvelle de sa mort publique en annonçant sa crucifixion. Il éclaire lui-même le sens de sa mort en la présentant comme une mesure de justice et de jugement et une victoire sur le péché. Jésus se rend vainqueur de la mort en acceptant de mourir. Mais cette déclaration extrêmement forte de Jésus se heurte à l’incompréhension de la foule. Celle-ci n’a toujours pas reconnu le Messie en Jésus. Que voit-elle en Jésus ? Un guérisseur aux pouvoirs magiques ou bien un leader politique ? En tout cas, elle ne le reconnaît pas comme Fils de Dieu.

Et Jésus de terminer son discours sur l’annonce de sa mort prochaine en reprenant la métaphore de la lumière : -La lumière est encore parmi vous pour un peu de temps. (…) Pendant que vous avez la lumière, mettez votre foi en la lumière, pour devenir fils de la lumière (versets 35-36). Jésus souligne l’urgence du choix que chacun est amené à faire. C’est ici et maintenant que nous sommes appelés à ouvrir notre vie à Jésus. Par ailleurs, ce qui m’interpelle, c’est que Jésus se préoccupe d’abord du salut des hommes qui l’écoutent, malgré sa souffrance et l’imminence de son supplice. Même dans ce moment de détresse intérieure intense, Jésus est tourné vers l’autre. Quelle magnifique preuve d’abnégation !

En outre, l’expression devenir fils de la lumière retient tout particulièrement mon attention. En effet, il est intéressant de noter que la lumière qui est venu dans le monde dans la personne de Jésus ne s’est pas éteinte lors de sa mort. C’est parce que des personnes ont cru en lui et sont devenues filles de la lumière que cette lumière a continué de briller à travers les époques. Il nous incombe la lourde tâche de la faire briller encore aujourd’hui, dans les circonstances les plus obscures et les plus improbables. Ai-je conscience d’être un enfant de la lumière ?

Théophile

Autres lectures : Psaume 70, Esaïe 49 : 1-6

lundi 29 mars 2010

Miettes de la table,Jean 12 : 1-11

29 mars 2010, lundi de la Passion, Jean 12 : 1-11

Le texte du jour est structuré en trois parties, dont seules les deux premières constituent l’objet de la méditation. D’abord Jean raconte comment Marie, la sœur de Marthe, répand un parfum de très grand prix sur les pieds de Jésus lorsque ce dernier se trouve invité à un repas de fête chez Marthe à Béthanie (versets 1 à 3). Ensuite intervient le dialogue entre Judas et Jésus au sujet de l’interprétation de ce geste (versets 4 à 8). Enfin, le narrateur mentionne que les autorités juives préparent un complot contre Lazare (versets 9 à 11).

Ce récit suit de très près la résurrection de Lazare par Jésus (chapitre 11). Par ce signe, Jésus a clairement manifesté la puissance de sa nature divine. C’est ainsi que de plus en plus de personnes croient en Jésus et décident de le suivre. A la fin du chapitre précédent, Jean dramatise la situation en mettant l’accent sur la décision prise par les autorités juives de faire mourir Jésus (chapitre 11, verset 53). La tension monte, un climat de peur et de suspicion s’installe.

C’est dans ce contexte difficile, qui pose les jalons du récit de la Passion, que se joue une scène bouleversante en même temps que magnifique. L’ambiance de ce repas chez Marthe est très certainement festive. Tous sont heureux de pouvoir fêter la réintégration de Lazare dans la communauté des vivants. Quoi de plus naturel et de plus significatif à cet égard que d’organiser un repas ? Soudain, au beau milieu du banquet, Marie verse un parfum de très grand prix sur les pieds de Jésus, puis l’essuie avec ses propres cheveux. Bien plus qu’une onction d’huile répandue sur la tête du roi comme au temps de l’Ancien Testament, il est question ici d’une onction de parfum fait de nard pur répandu sur les pieds de Jésus le Christ. Marie, avec humilité et respect, ose tout juste effleurer les pieds du Christ. Non content d’offrir ce qu’elle possède de plus précieux, Marie s’offre elle-même toute entière, dans ce geste de soumission, de glorification et d’adoration : aimer ce n’est pas seulement offrir ce qu’on a, mais aussi ce qu’on est. En l’occurrence, ce geste n’est pas simplement une préfiguration de l’embaumement du corps du Christ, tel qu’on a coutume de l’interpréter. Il s’agit de bien plus que cela. En effet, l’odeur agréable du parfum qui remplit toute la maison annonce la diffusion d’une Bonne Nouvelle d’amour universelle.

Mais, à l’instar de presque toutes les fêtes, il se trouve souvent un mauvais convive pour gâcher les réjouissances. Judas, au lieu de percevoir l’éminente beauté du geste, s’arrête à des considérations strictement pécuniaires et relève que l’équivalent en argent de la valeur du parfum aurait pu être consacrée aux pauvres. Judas critique le geste de Marie parce qu’il n’en saisit pas la portée spirituelle et prophétique. Et Jean d’éclairer l’intention réelle de Judas pour éviter toute méprise de la part du lecteur : Il disait cela non parce qu’il se souciait des pauvres, mais parce qu’il était voleur : il tenait la bourse et prenait ce qu’on y mettait (verset 6). Mais Jésus n’est pas dupe. Il prend la défense de Marie en évoquant de façon à peine voilée l’issue tragique de son ministère. Dès lors, l’ambiance sereine et joyeuse a disparu en laissant la place à une conversation lourde de sous-entendus. Les événements vont rapidement s’enchaîner jusqu’au point ultime de la Passion, apogée paradoxale de la puissance de Jésus Christ dans la faiblesse de la mort.

Ce passage met donc en scène deux attitudes possibles face à la personne de Jésus. D’un côté, Marie confesse la suprématie divine du Christ tandis que, de l’autre côté, Judas la renie. Marie entrevoit le sens caché des choses pendant que Judas, en aveugle spirituel qu’il est, l’ignore. Finalement, ce récit nous place, en tant que lecteur, devant une alternative existentielle fondamentale : le choix d’offrir ou non sa vie à Jésus.

Théophile

Autres lectures : Psaume 26, Esaïe 42 : 1-7

dimanche 28 mars 2010

Miettes de la table, Luc 22 : 14 – 23 : 56

28 mars 2010, dimanche de la Passion, Luc 22 : 14 – 23 : 56

“Quand ce fut l’heure.” Jésus prépare pour ses disciples un repas d’Amour fait d’exhortations, d’annonces concernant les événements à venir, de consolations devant l’épreuve. Les signes et la Parole ne sont ici pas économisés : Jésus se donne jusqu’à l’extrême et son Amitié pour ses disciples est merveilleuse d’attentions délicates pour chacun.

A mesure que l’arrestation et les rencontres avec les autorité juives et romaines s’enchaînent, Jésus est résolument tourné et tendu vers l’ultime but et sa volonté est telle que sa personne s’efface pour faire toute la Lumière à l’accomplissement de l’Ecriture.

C’est le moment où chaque parole, geste et regard est Parole, Echos à l’Ecriture.

C’est le moment où Jésus nous donne d’apercevoir le Cœur de son être profond, la motivation de sa vie qui est Ecoute et Communion avec son Père.

C’est le moment de l’épreuve où le fils se livre à la volonté du Père qui est Amour et Liberté jusqu’à l’extrême pour chaque homme.

C’est le moment du Silence de douleur et d’amour, l’instant de communion parfaite du Père, du Fils et de l’Esprit.

C’est le moment où le Fils nous précède dans nos plus grandes épreuves et sa délicatesse se fait silence, présence et tendresse.

C’est le moment où le Seigneur nous prend par la main et où chaque pas de douleur est fait à deux.

C’est le moment où le Seigneur nous porte et nous aide à traverser les eaux de la souffrance humaine. Et nous pouvons nous laisser porter comme « l’enfant contre sa mère » s’abandonne en confiance entre ses bras.

Car SEUL Celui qui est doux et humble de cœur peut se faire compagnon de route et nous faire passer de la mort à la Vie

Brigitte

Miettes de la table, Luc 19 : 28-48

28 mars 2010, dimanche des Rameaux, Luc 19 : 28-48

L’entrée messianique de Jésus à Jérusalem communément appelée « Jour des Rameaux » apparaît, à l’aube de la Semaine Sainte, comme un jour heureux, triomphant, dernière réjouissance avant la nuit de la Passion. Nous avons tous en tête les processions du jour des Rameaux, les images, les fleurs, les friandises accrochées par les enfants aux branches de laurier, de buis ou d’olivier. Pourtant nous pourrions bien passer à côté du sens profond de cette entrée triomphale du Seigneur.

Le texte proposé à notre méditation s’articule autour de deux moments qui s’éclairent l’un et l’autre. Celui de l’entrée triomphale et celui des larmes versées par Jésus sur Jérusalem. C’est la seconde fois que nous voyons Jésus pleurer dans l’Evangile. La première occurrence se trouve dans St Jean qui décrit les pleurs de Jésus sur la tombe de Lazare alors même qu’Il s’apprête à le ramener à la vie. Or, c’est justement la mort de Lazare qui précipite le Seigneur vers Jérusalem et vers sa Passion. L’épisode de la réanimation de Lazare (plus exact que celui de Résurrection) vient confirmer les pharisiens dans leur volonté de se débarrasser de Jésus et provoquent l’acclamation du Christ par les habitants de Jérusalem. Les deux épisodes semblent donc très proches car ils participent tous deux du même mystère, nous conduisent tous deux à la contemplation d’un Dieu inattendu. Pourquoi Dieu pleure-t-il donc ? Comment le Dieu dont on chante sans cesse la Toute-Puissance, peut-Il pleurer ? Pourquoi pleure-t-Il devant le tombeau de Lazare alors même qu’Il va remettre son ami sur le chemin de la vie terrestre ? Pourquoi pleure-t-Il donc les malheurs d’une ville qu’Il pourrait bien sauvé par Sa seule Volonté ? Dieu n’est-il pas le Tout-Puissant ?

Eh bien non. Jésus vient nous révéler l’échec de Dieu, l’échec d’un Dieu qui n’est qu’amour et qui ne peut donc qu’aimer. Or les larmes du Christ viennent exprimer l’impuissance de l’amour devant le refus obstiné de l’Homme d’accueillir ce Dieu qui a soif de son amour. A chaque fois que Jésus pleure, c’est lorsqu’il voit l’échec et les errements de Sa créature. Devant le tombeau de Lazare, plus que son ami (qu’il va de toute façon retrouver peu après), c’est le spectacle de la mort, le triomphe de la Mort qui provoquent les larmes du Christ. Marthe et Marie en deuil, la lourde pierre qui clôt le tombeau, l’odeur du cadavre vieux de quatre jours, autant de paraboles de nos déchéances, de nos vies sans Dieu, de notre monde en attente, en sursis, de notre monde sans espérance qui se contemple lui-même dans la poursuite d’une existence toujours plus extériorisée, où le corps et l’être humains sont déchus au rang de l’animal, du robot, de l’objet. Jésus pleure devant les tombeaux qui nous enferment à l’extérieur de nous-même, qui enfouissent la semence divine sous un monceau de déchets, dans une terre aride où la Promesse ne peut prendre racine. Les larmes de Jésus devant le tombeau de Lazare, ce sont les mêmes que celles versées sur Jérusalem. Ah ! Si en ce jour tu avais compris, toi aussi le message de Paix ! Mais non il est demeuré caché à tes yeux !

Ces larmes, ce sont celles d’une mère devant l’échec de son enfant, celles de la personne trompée par l’être aimé entre les mains duquel elle avait déposé tout son amour. Cet enfant appelé à devenir cathédrale, à devenir une valeur n’a pas répondu à sa vocation et a couru à sa perte ; l’être aimé investi de toute la confiance de son compagnon ou de sa compagne, a trahi l’attente de l’amour par son infidélité. Pourtant que feront la mère ou le compagnon bafoué ? Ils ne penseront pas à leur déshonneur, ils n’auront plus qu’un désir : aimer, aimer toujours plus pour faire contrepoids au refus d’amour. C’est ce que fait Dieu dans l’offrande du Calvaire. La Croix secrète parmi nous dit Maurice Zundel c’est l’offrande d’amour de cette mère ( ou du compagnon bafoué) car Dieu est plus mère que toutes les mères (plus époux que tous les époux) puisque tout ce qu’il y a de tendresse dans le cœur des mères n’est qu’un lointain rejaillissement de Sa tendresse. A l’aveuglement des hommes, Jésus vient opposer son amour. C’est ce que les disciples et les gens de Jérusalem, emportés de joie par la Résurrection de Lazare n’ont pas perçu. Ils n’ont pas vu que Lazare sortant du tombeau, c’était plus qu’un miracle. Ils ont cru à un acte de la Toute-Puissance qui consent après moult réclamations à faire jaillir l’immensité de son pouvoir. Ils ne savaient pas qu’en faisant sortir Lazare du tombeau, Jésus ouvrait la porte de sa propre tombe. En venant remettre Lazare sur le chemin de la vie, le Seigneur prenait la route de Jérusalem et du Calvaire. Il se livrait à ses persécuteurs en donnant du crédit à leurs accusations. En attendant la mort de Lazare pour intervenir, Jésus a voulu montrer combien aimer davantage par le don de soi est la seule réponse à donner à la mort de l’être.

Or comme les habitants de Jérusalem, nous ne vivons pas suffisamment du vrai Dieu, comme eux, nous avons du Seigneur une vision toute extérieure, nous ne voyons pas les larmes et la Croix du Christ en nous, nous ne ressentons pas du plus profond de nos entrailles combien Dieu est en péril pour reprendre le mot de Maurice Zundel. Alors comme eux nous chantons ; le dimanche à l’église, nous exécutons de belles cérémonies. Mais avons-nous compris que Dieu n’est pas un magicien et les sacrements des potions qui viendraient conforter notre moi égoïste ? Avons-nous compris qu’adorer Dieu, c’est, à la suite des saints, venir panser les plaies du Crucifié ? Sommes nous prêt comme Marie à devenir terre de la Promesse, berceau de l’Eternel Amour ? Comme Ste Véronique à dépasser nos limites pour venir essuyer le visage agonisant du Christ en nous et en chacun de nos frères ?

Aelred

Prière

Puisse l’Esprit-Saint maintenir notre vigilance pour nous empêcher de nous distraire du Christ et par là même de le crucifier à nouveau. Puisse l’Esprit-Saint faire de nous des veilleurs de Dieu au cœur de ce monde. Amen.

Autres lectures : Psaume 21 , Esaïe 50 : 4-7 , Philippiens 2 : 6-11

mardi 23 mars 2010

Vendredi 26 mars : soirée de prière inclusive !

Fêtez Dieu ! Une soirée de prière inclusive est organisée par la Mission Populaire de la Maison Verte et David et Jonathan, association d'accueil chrétien des personnes homosexuelles.

La soirée se déroulera le vendredi 26 mars 2010 à partir de 19h30 à la Maison Verte 127, rue Marcadet 75018 Paris (Métro Lamarck ou Jule Joffrin sur la ligne 12). Venez nombreuses et nombreux célébrer Dieu !

dimanche 21 mars 2010

Miettes de la table, Jean 8 : 1-11

21 mars 2010, 5e dimanche de carême, Jean 8 : 1-11

Plusieurs questions se présentent à mon esprit en lisant ce passage :

- où est l’homme adultère avec qui la femme a couché ? pourquoi, lui, n’est-il pas en cause ? La Loi de Dieu serait-elle machiste toute acquise à la sexualité masculine aux dépens de la femme ?

- que sont ces traits que Jésus écrit au sol ? à quoi pense-t-il ?

- la folie des hommes les aurait-elle amenés à vraiment lapider cette femme au nom de Dieu ?

- est-il légitime de respecter des principes religieux au détriment d’une vie ?

- la religion ne servirait-elle qu’à distinguer les purs des impurs ? des comportements acceptables et d’autres à condamner ?

- si j’avais participé à cet épisode, j’aurais été qui, dans quel camp, pourquoi ?

- pour la pureté de quels principes suis capable de lapider celles/ceux qui la transgressent ?

- ai-je tendance à hurler avec les loups quand quelqu’un est condamné ou à ne pas juger ?

- ai-je tendance à tendre des pièges aux gens pour les confondre ?

Ce passage délivre un message très clair destiné à nous faire grandir humainement et spirituellement :

- au lieu d’être obnubilé par les défauts des autres et de les condamner par mes paroles et par mes actes, il convient de considérer uniquement mes propres manquements et d’avoir le courage de les voir en face.

- garder en tête que nous bénéficions aussi de ce regard de compassion porté par Jésus sur nos propres manquements : ne plus pécher signifie avant tout qu’il y a pour moi une issue qui ne m’enferme pas dans ces manquements qui se répéteraient à l’infini. Je suis capable de les dépasser car le regard de Jésus me libère. Il m’ouvre une voie de libération de ces manquements. Il ne me perçoit pas seulement au travers de mes claudications et de mes petits bricolages stratégiques. Il me montre que je suis capable de poser la pierre qui tue. Me révélant cela, il me la fait poser.

C’est aussi cela ressusciter : ne pas aller sur des chemins qui me font tuer les autres en y perdant ma propre vie. Ne pas aller sur des chemins où je me tue moi-même au nom de principes, fussent-ils religieux.

Dieu nous attend sur un autre chemin : c’est alors un surcroît de vie pour celle/celui qui n’est pas tué et pour celle/celui qui aurai tué, les deux ont grandi. Ils sont à présent non seulement capables de cohabiter sans être une menace les uns pour les autres mais en plus ils ont pris conscience du juste prix de leur vie et de celle des autres grâce au regard de Jésus qui le leur a révélé.

Les lapideurs potentiels n’ont pas commis l’irrémédiable : ils ont réussi à dépasser leurs principes, leur volonté, leur jugement. Ils ont grandi en constatant qu’ils auraient pu eux-mêmes être victimes de leurs principes, du coup, ils ont appris le non jugement qui seul respecte la vie.

La femme adultère est invitée à aller au-delà de son passé et de son présent : elle grandit car un homme la regarde avec d’autres yeux que ceux de la concupiscence puis du jugement. Elle bénéficie, comme chacun/e de nous, de ce regard qui respecte qui elle est et qui élargit sa vie et le regard qu’elle porte sur elle-même.

Toi, comme moi, va car tu es plus que celle ou celui qui a échoué par manque d’amour !

Thierry SERENO

Prière :

Seigneur, tu connais ma volonté de lapider les autres par mes paroles, mes actes, mes stratégies parce qu’ils ne respectent pas les principes que je me suis donnés et qui me structurent ou parfois m’enferment aussi. Désarme-moi !

Seigneur, aide-moi à poser sur moi et sur les autres ce regard qui ne juge pas. Mais pour cela, avant toute chose, fais moi expérimenter ton regard de compassion, pourvoyeur de vie et de libération.

Autres lectures : Psaume 19 , Esaïe 7 : 10-14 , Hébreux 10 : 4-10

mercredi 17 mars 2010

Appel du 17 mars contre l'homophobie et la transphobie

Ce 17 mars, soit deux mois jour pour jour avant la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie et la transphobie, paraît un texte publié sur LeMonde.fr. Cet appel a été co-signé par Olivier Abel, philosophe ; Jean-Claude Guillebaud, écrivain ; Tarek Oubrou, théologien et Rivon Krygier, rabbin. Tous les quatre interpellent les responsables religieux de ce pays en les invitant à condamner clairement les violences et les discriminations que subissent les personnes LGBT. Le CCI ne peut que se réjouir de cet appel, qui s’inscrit dans la campagne de la Journée contre l’homophobie et la transphobie, dont la thématique, cette année, porte justement sur les religions.
A l'occasion de l’IDAHO, le 17 mai prochain, s’organisera un colloque à l’Assemblée nationale, sur le thème suivant : « Religions, homophobie, transphobie ». Les responsables ici interpellés seront alors invités à répondre à cet appel du 17 mars, que vous pouvez lire ci-dessous :

Nous sommes plusieurs intellectuels de diverses confessions inquiets des discriminations, des violences et des humiliations dont les homosexuels et transsexuels continuent à être l'objet. Bien éloignés de croire à un "sens progressiste de l'histoire" qui serait en quelque sorte irréversible et fatal, nous sommes inquiets de voir cette tendance répressive augmenter. Au-delà des convictions spirituelles, éthiques et même théologiques, nous croyons que nos Eglises et nos confessions religieuses ont une parole publique commune à tenir à ce sujet. Elles en auront l'occasion, d'ailleurs, avec la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie et la transphobie, qui aura lieu dans deux mois exactement, le 17 mai prochain, et dont le thème porte justement, cette année, sur les religions.

Il faut le dire, nos sociétés semblent plongées dans une crise qui est tout autant morale qu'économique. C'est peut-être ce qui explique, un peu partout dans le monde, l'appel à rétablir un certain ordre moral, qu'il soit religieux ou laïc. S'il ne s'agissait que d'un appel au sens éthique de chacun, au sens où l'éthique est une parole qui ne tombe pas d'en haut et ne s'impose pas, mais se communique de proche en proche de façon "résistible", nous ne pourrions qu'applaudir. Que la crise en effet réveille des solidarités familiales, conjugales, amicales, qu'elle montre l'importance des fidélités mutuelles par lesquelles nous sommes engagés et attachés les uns aux autres, c'est possible, souhaitable, et important. Mais cet ordre moral risque de se transformer en normes de droit qui légitimeraient plus d'exclusion et de violence, déjà perceptibles dans nos sociétés, à l'égard de ceux qui ont une sexualité différente de celle de la majorité. En effet, nous avons paradoxalement des secteurs entiers qui se "libéralisent", et d'autres où se renforcent des peurs, des cloisons et des murs là même où jadis tout était plus souple, plus ouvert à l'art ordinaire de vivre ensemble. Nous avons le sentiment que dans chaque famille religieuse se trouvent le meilleur et le pire, c'est-à-dire des expressions qui appellent au refus de ces violences et de ces humiliations, et d'autres au contraire qui y incitent.

Il ne s'agit pas de lutter pour un droit : l'homosexualité et la transsexualité sont des faits qui, sous des figures et des noms divers, ont toujours existé et existeront toujours. Ce n'est pas un fait "pathologique" à combattre, mais un fait dont il faut admettre l'existence. Que dans des sociétés où la différence des sexes est troublée par divers bouleversements sociétaux ou culturels, ce fait apparaisse sous un jour nouveau, qui fait peur ou suscite des espoirs irraisonnés, n'est pas non plus la question. Les discriminations, violences et humiliations qui frappent les homosexuels et transsexuels sont de toutes façons injustes à l'égard des personnes qui les subissent.

Nous en appelons à une déclaration commune, ou du moins à une expression claire de chacune des différentes confessions, ici en France, qui ne vise pas à demander pour les homosexuels et transsexuels le droit de se marier ou d'avoir des enfants, mais pour rappeler de façon solennelle l'importance de la lutte contre les violences homophobes et transphobes. C'est au plus haut niveau interreligieux que nous devons prendre la parole, rappeler les règles universelles des droits de l'homme, et ne pas laisser croire que nos Eglises et confessions religieuses sont complices de ce nouveau discours violent qui se répand, appelant à un ordre moral fantasmatique discriminatoire, et qui jamais n'avait existé comme tel.

Olivier Abel est philosophe, Jean-Claude Guillebaud est essayiste, Tarek Oubrou est théologien, Rivon Krygier est rabbin

dimanche 14 mars 2010

Miettes de la table, Luc 15 : 1-32

14 mars 2010, 4ème dimanche de carême, Luc 15 : 1-32

Dieu nous attend tous les jours.

La Loi juive nous apprend que notre condition de pécheur nous tient loin de Dieu et de Son Amour. Mais pour quelle raison Jésus, fils de Dieu, accueille t-il ces pécheurs et va jusqu’à partager le pain avec eux ?

La parabole du fils prodige nous éclaire sur la nature rebelle des créatures de Dieu. Cela me fait penser à l’importance que nous accordons à notre liberté de choix et à quel point on y est attaché. Mais cette parabole nous parle aussi de notre envie de réalisation par nous-même et du désir de faire nos propres expériences et d’en assumer les responsabilités.

Certains sont reconnaissants du confort qui leur est donné et font tout pour le garder et le mériter au jour le jour. Ils trouvent l’accomplissement de leur vie dans cette obéissance au Père. Ils choisissent de rester sous son autorité et ne manquent ainsi de rien parce que Dieu aime et réserve le meilleur pour chacun de ses enfants. Mais Jésus nous montre que Dieu éprouve plus de joie à l’égard des enfants qui lui reviennent. Pourquoi ne s’afflige t-il pas de leur orgueil ? Ne se mettrait-il pas, à raison, en colère face à l’ingratitude et à l’égoïsme de ces enfants ?

A mon avis, Dieu connaît le cœur des brebis qui lui reviennent. Il sait qu’elles reviennent parce qu’elles ont besoin de Lui et que nul autre berger ne pourrait les entretenir aussi bien qu’Il ne le fait. La Bible ne nous dit-elle pas que lorsque nous faisons un pas vers Dieu, Il en fait dix vers nous ? Le cœur de Dieu se réjouit lorsque nous revenons à Lui, reconnaissant nos erreurs, reconnaissant que n’allons pas bien loin sans Lui. Il s’en réjouit parce qu’il s’agit d’un choix que nous faisons en toute liberté. Un choix qui témoigne également de l’attachement qui nous lie à Lui, un amour entre Père et enfant.

Je pense que ce qui a sauvé le fils prodige, provient de son cœur. Il reconnaît au fond de lui s’être égaré dans les objectifs de sa vie, mais il ne s’est pas arrêté là. Il décide de faire un pas en arrière. Bien souvent quand nous pensons être trop loin de Dieu, bien que ressentant son vide, nous gardons nos distances, par orgueil. Ce réflexe de l’enfant qui court vers son Père même s’il a fait des bêtises, est l’attitude qui sauve.

Ce qui me parle dans ce récit, est l’égoïsme du fils aîné qui, pensant mériter plus d’honneur, oublie de se réjouir avec son Père du retour son frère! N’est-ce pas encore là la démonstration que l’amour que Dieu éprouve pour nous est infiniment au-delà de notre nature humaine et de ses considérations triviales ? Je pense qu’il s’agit là d’un comportement compétitif qui n’a pas lieu d’être dans l’Amour d’un Père pour ses différents enfants.

Nous devons œuvrer à être des frères et sœurs unis, soucieux les uns des autres. L’essentiel n’est pas d’obtenir une couronne plus grande, plus somptueuse, plus prestigieuse que les autres, au jour du jugement. L’essentiel, à mon avis, est que nous nous aidions mutuellement à rester dans la maison du Père, et que au-delà de cette maison, nous allions retrouver ceux qui sont absents et qui y ont leur place. Cultivons cet amour et cette fraternité qui témoignent de l’éducation que le Père nous donne.

Ola Sinelle ZEVOUNOU

Questions :

1) Comment est-ce que je réagis lorsqu’une personne très proche m’attriste profondément et que, plusieurs années après, elle revient vers moi ?

2) Où mettons-nous les limites du pardon que nous accordons ?

Autres lectures : Psaume 33 , Josué 5 : 10-12 , 2 Corinthiens 5 :

dimanche 7 mars 2010

Miettes de la table, Luc 13 : 1-9

7 mars 2010, 3e dimanche de carême, Luc 13 : 1-9

Ce texte se divise en deux parties.

Tout d'abord, les cinq premiers versets.

Jésus nous y interroge : ce qui influence notre salut, est-ce le fait d'être plus ou moins pécheur qu'un autre ? Il nous révèle que non. Il insiste sur le fait qu'être pécheur et se reconnaître pécheur, ce n'est pas la même chose. Il peut nous arriver de ne pas réussir à identifier de péché que nous aurions commis; dans cette situation, deux options s'offrent à nous : soit on pense que ce qui émerge à notre conscience a vocation à s'imposer dans notre relation à Dieu et alors on ne se reconnaît pas comme pécheur, soit on se laisse conduire par des passages du texte biblique (comme celui-ci) qui nous incitent à nous reconnaître pécheur, et on est alors amené à penser que nous sommes malgré tout pécheurs, mais qu'il ne nous est pas forcément donné d'identifier notre péché.

Ainsi, se reconnaître pécheur en toute circonstance est un signe que nous nous laissons davantage conduire par Dieu que par nous même. Cette démarche d'humilité intérieure est très différente de celle qui consiste à comparer son péché à celui des autres qui revient à s'immiscer dans la relation que les autres ont à Dieu et à évaluer le péché de son prochain, puis le sien, et enfin à juger de la grandeur de ces péchés... c'est-à-dire prendre la place de Dieu plutôt que d'accepter d'être son serviteur.

Dès lors, comment comprendre la destinée de ceux qui ont péri dans les deux épisodes qui sont rapportés ? On peut comprendre deux choses : soit ceux qui ont péri ne se sont pas reconnu comme étant pécheurs et ils ont été punis par Dieu, ou bien ces événements ne sont pas à comprendre comme une punition de Dieu. Autrement dit Dieu est-il un Dieu vengeur, ou bien y aurait-il des événements qui se dérouleraient qui ne dépendraient pas de sa volonté ? Ces épisodes posent la question : Dieu est-il tout amour mais pas tout intervenant dans nos vies ou est-il tout intervenant, mais pas tout amour ? Le texte n’opte pas, il laisse ces deux possibilités ouvertes.

La seconde partie du texte est consacrée à la parabole du figuier. Ce passage nous indique qu'une démarche de foi passe à un moment donné par le fait de croire que quelque chose est possible alors que l'on pourrait être tenté de penser le contraire. Il ne s'agit pas de substituer à la raison une foi aveugle puisque si l'année suivante le figuier ne donne toujours pas de fruit, il sera arraché. Il s'agit de repousser un peu plus loin sans s'en affranchir le cadre de la raison pour laisser une place à l'expression de notre tolérance et de notre humanité.

Ces deux parties pourraient paraître bien distinctes au point de se demander pourquoi elles se suivent... et pourtant. N'est-ce pas parce que nous nous reconnaissons pécheurs que nous sommes capables d'avoir de la tolérance pour les comportements des autres même si ils ne sont pas porteurs de fruit ?

Il nous est arrivé à tous d’être à un moment ou à un autre improductifs et inutiles, et d’avoir été pardonnés pour cela. La miséricorde que Dieu a pour nous nous incite à avoir la même clémence envers nos prochains. Les deux parties du texte font écho l’une à l’autre et nous rappellent le lien qui peut exister entre notre relation à Dieu et la relation que nous avons à notre prochain.

Marc

Questions :

1) Quel rôle joue la souffrance qui est évoquée au verset 2 dans la question du salut ?

2) Quels sens peut-on donner au mot périr ?

3) Dans le verset 1 la mort est donnée par un homme (Pilate) alors que dans le verset 4 ce n’est pas le cas. En quoi cette différence marque-t-elle une évolution ?

Prière

Seigneur,

Qu’il me soit donné de toujours pouvoir me reconnaître pécheur devant toi, car je sais que ta grâce est plus grande, bien plus grande que mon péché. Amen.

Autres lectures : Psaume 102, Exode 3 : 1-15 , 1 Corinthiens 10 : 1-12